Société linnéenne de LyonSciences naturelles · depuis 1822

Présentation

Historique

Fondée en 1822, la Société linnéenne de Lyon est l’une des plus anciennes sociétés savantes de France dédiées aux sciences naturelles.

Histo_Grande bibliothèque de la Société Linnéenne de Lyon

La Société linnéenne de Lyon a réuni au fil de deux siècles naturalistes amateurs et chercheurs autour de la botanique, l’entomologie, la mycologie, les sciences de la terre et la biologie. Elle a fusionné avec la Société d’Anthropologie de Lyon (1881-1922), la Société de botanique de Lyon (1872-1922) et la Société d’études scientifiques de Lyon.

Historique de la Société linnéenne de Lyon

Une Société linnéenne est une société scientifique placée sous le patronage du célèbre naturaliste suédois Carl LINNÉ (1707-1778), inventeur de la nomenclature binominale.

A Paris, les botanistes BOSC d’ANTICTHOUIN et Auguste BROUSSONET, protégé de DAUBENTON, créèrent en décembre 1787 une « Société linnéenne de Paris » ; elle fut remplacée en 1790 par une Société d’Histoire Naturelle qui compta plusieurs Lyonnais parmi ses fondateurs et disparut pendant la Révolution. A l’instar de la Société linnéenne de Bordeaux, établie en 1818, la Société linnéenne de Paris fut réorganisée en 1820 par quelques savants dont LACÉPÈDETHOUIN et CUVIER. La nouvelle Société admettait des membres honoraires, parmi eux Jean-Baptiste BALBIS originaire du Piémont, installé à Lyon où il fut nommé directeur du Jardin des Plantes en 1819. 
Elle comptait également des membres correspondants en particulier la botaniste lyonnaise Clémence LORTET, ancienne élève du docteur GILIBERT, prédécesseur de BALBIS au Jardin des Plantes de Lyon dont il avait été le fondateur. Ces botanistes lyonnais décidèrent de créer une société de naturalistes : la décision prise le 23 septembre 1822 se concrétisa dès le 28 décembre de la même année et il fut proclamé que « les membres correspondants actuels de la Société linnéenne de Paris résidant à Lyon et dans le département du Rhône se réunissent sous le titre de Société linnéenne de Lyon et sous les auspices de la Société-mère de la capitale dont elle est une colonie ». 

Jean-Baptiste BALBIS fut le premier président de la nouvelle société, mais parmi les vingt membres fondateurson comptait, outre des botanistes, des entomologistes, des zoologistes et des minéralogistes avec, parmi eux, des « professionnels » et des « amateurs », ce qui sera une des constantes de la Société linnéenne de Lyon.

On peut lire dans le premier règlement, rédigé lors de la création de la Société, son objectif ainsi précisé : « le but est d’accélérer les progrès de l’Histoire naturelle et principalement la connaissance des richesses des trois règnes que renferment le Lyonnais et les provinces limitrophes »


Historique des locaux de la Société linnéenne de Lyon

 

A la création de la Société linnéenne de Lyon, la Préfecture du Rhône affecte en 1923 des locaux dans les bâtiments de la Préfecture, place des Jacobins. En 1859, le transfert de la Préfecture à l’Hôtel de ville, voue les locaux à la destruction. La mairie centrale disparait sous le Second Empire au profit des mairies d’arrondissement.

La Société linnéenne de Lyon est accueilli par la Mairie du 1er arrondissement place Sathonay, dans trois petites pièces. La bibliothèque, avec ses 2 380 volumes, ne pouvant s’y installer, le lycée Ampère prête une pièce adjacente à sa propre bibliothèque au 4 rue Gentil.

La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l’Etat et des Églises permet à la ville de Lyon de récupérer le collège des Jésuites rue Bossuet, construit trente ans plus tôt. C’est un vaste bâtiment constitué d’une cour, de salle de classes, mais également de deux chapelles et d’un grande bibliothèque. Le 3 novembre 1905, Édouard Herriot est élu maire de Lyon. Il décide d’installer le « Bureau d’hygiène », que l’on nommerait aujourd’hui le « service d’écologie urbaine ». La grande bibliothèque reste désespérément vide, et en 1922, Édouard Herriot décide de laisser la jouissance de ce lieu à titre gracieux à la Société linnéenne de Lyon. Au regard des besoins, il rajoute la petite pièce adjacente en 1932. La Linnéenne n’a cessée d’enrichir le savoir sur les sciences naturelles, par de multiples donations d’ouvrages par les scientifiques, par une politique d’acquisition constante et par l’édition de ses propres recherches. 1 400 mètres de rayonnages sont à disposition des linnéennes et consultable par les lyonnais .


Extension et dynamisme de la Société linnéenne de Lyon


Très vite l’association provinciale s’émancipa de la tutelle parisienne ; dès la séance du 21 avril 1823 le procès-verbal de la réunion supprime l’en-tête colonie linnéenne et le 29 décembre de la même année il n’est plus fait mention que de Société linnéenne de Lyon.
Un peu plus tard, en 1860, l’obligation de résidence à Lyon est supprimée à son tour, la Société linnéenne de Lyon tout en conservant son nom devient nationale puis internationale par son audience et sa renommée.

La Société a progressivement étendu son champ d’action et élargi son programme à l’ensemble des sciences naturelles sans se préoccuper de limites géographiques. Son expansion se traduit d’autre part par l’absorption d’autres sociétés : en 1880 la Société d’études scientifiques de Lyon , en 1922 la Société botanique de Lyon et la Société de Biologie et d’Anthropologie de Lyon .

Bien évidemment dans un tel contexte l’effectif de la Société s’est considérablement accru depuis les vingt membres fondateurs de 1822. C’est surtout le docteur RIEL qui consacra pendant de nombreuses années tout son temps et toutes ses forces au développement de notre association en écrivant de longues lettres aux naturalistes du monde entier. Notre effectif passa à plus de 1000 en 1922 et atteignit un peu plus de
3 000 en 1930 ! Le facteur externe qui porta le coup le plus sévère à notre effectif fut évidemment la dernière guerre, nous n’étions plus que 1000 en 1946 actuellement la Société linnéenne compte un peu moins de 1000 membres.

La Société linnéenne de Lyon a procédé à la création de groupes régionaux, on doit saluer la belle tenue du groupe de Roanne, dont la création remonte à 1921, et qui n’a pas cessé depuis d’être très actif et de garder des liens étroits avec la maison-mère. Durant toute son histoire, la Société linnéenne de Lyon a eu la chance d’être logée par les autorités préfectorales ou municipales, d’abord dans l’hôtel même de la préfecture qui était situé place des Jacobins. Elle y resta jusqu’en 1859, puis elle dut s’installer dans un local de la mairie du ler arrondissement place Sathonay. En avril 1921, un nouveau local fut accordé par Edouard HERRIOT, maire de la ville, au troisième étage de l’immeuble municipal du 6e arrondissement, local qui présente l’avantage d’être agencé en une vaste bibliothèque et de nous offrir actuellement une salle de travail fort convenable.


Le mouvement linnéen à Lyon du XVII° au XX° siècle

Catalogue de l'exposition commémorative organisée au muséum d'histoire naturelle à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de la société linnéenne de Lyon - 1972


Com_bange-linn-exposition-1972-pdf.pdfPDF, 332 Ko


Les fondateurs et les présidents de la Société linnéenne de Lyon

Histo_Liste des fondateurs et des présidentsPDF, 185 Ko


Les travaux de la Société linnéenne de Lyon


Notre association, par son origine, est surtout tournée vers la systématique, mais elle a suivi l’évolution générale des sciences naturelles, orientée vers la biologie ; les travaux publiés dans le Bulletin mensuel ou dans des ouvrages spécialisés comportent encore chaque année la description d’espèces nouvelles, des modifications proposées aux classifications ainsi que des relevés de flores et de faunes, ce qui constitue une participation substantielle à l’étude de la biodiversité, dont l’importance est enfin reconnue au début du XXIe siècle : on sait que des millions d’espèces vivantes restent encore à étudier et à décrire, et qu’il s’agit d’une tâche immense et urgente, car beaucoup d’entre elles sont malheureusement vouées à une prompte disparition tant sont grandes les modifications qui, dans tous les pays, affectent les milieux naturels. Mais une place importante est également accordée à l’écologie ou aux différents aspects de la biologie générale, végétale ou animale.

La qualité scientifique de ces textes confère à notre Bulletin mensuel un renom international. Cela concourt à l’enrichissement de notre bibliothèque, déjà fort riche, par des échanges fructueux, et rend possible la collaboration que des spécialistes de renom, veulent bien nous apporter de façon désintéressée pour la formation des débutants, en reconnaissance des services que nous rendons à la communauté scientifique. 

Nous publions d’autre part, en complément, dans certains numéros de notre bulletin, des articles destinés à ceux de nos lecteurs qui aimeraient trouver dans notre périodique une information plus largement accessible ne nécessitant pas une spécialisation trop poussée. 

Nous avons ainsi pu satisfaire la curiosité de nos lecteurs en leur offrant des données précises sur des sujets comme le climat de la région lyonnaise, l’étude de l’eau à Lyon, de Lugdunum à notre époque, ou bien sur les matériaux géologiques qui ont servi à construire notre ville ; les connaissances apportées par ces pages auraient pu être trouvées ailleurs, mais dispersées et parfois peu accessibles.
A ces activités scientifiques il faut ajouter l’organisation d’expositions dont la première eut lieu en 1918 et fut purement mycologique. A la suite de quelques essais, notre manifestation annuelle est devenue, depuis 1957, une exposition de sciences naturelles où la mycologie garde une place importante. L’objectif en est double : faire connaître notre Société à un publie aussi vaste que possible, donc recruter de nouveaux membres, et offrir aux mycologues une belle occasion de réviser leurs connaissances. Nous participons également à la Fête de la Science, et nous apportons régulièrement notre contribution aux grandes expositions organisées à l’Orangerie du Jardin Botanique, telles la Biodiversité (en 2002) ou Hommes, plantes, insectes (en 2004). 
Notre groupe de Roanne a sa propre exposition annuelle.

En conclusion, il est légitime de se demander si une association comme la Société linnéenne de Lyon a, au moment où s’ouvre l’ère de la biologie, un avenir devant elle ; nous répondrons sans hésiter, oui, si elle demeure fidèle aux deux règles fondamentales qui font son originalité : rester largement ouverte au public tout en conservant des liens étroits avec la Recherche et l’Université.


Les outils scientifiques de la Linnéenne

La bibliothèque ; les collections botaniques, mycologiques, entomologiques et minéralogiques ; les publications : bulletins mensuels, mémoires, livres.


La Société linnéenne dispose d’une très importante bibliothèque comportant des milliers d’ouvrages dont certains fort rares, des milliers de tirés-à-part et surtout de très nombreux périodiques français et étrangers, spécialisés dans nos disciplines. Pour la plupart de ces ouvrages sont adressés par nos échangistes, ce qui nous permet de disposer d’un instrument de travail absolument exceptionnel : nous recevons actuellement 120 périodiques français et plus de 200 revues étrangères, provenant de 29 pays.

Un autre instrument de travail est constitué par nos collections : principalement des herbiers, ceux de Clémence LORTET, de CHAMPAGNEUX, de Louis DEBAT en particulier ; mais aussi une collection de référence des insectes, surtout, français ; une collection de minéralogie. Notre collection de conchyliologie et une partie des collections d’Insectes ont été mises en dépôt au Museum d’histoire naturelle de Lyon.

Depuis 1836, la Société a ses propres périodiques dont la présentation, la périodicité, le volume ont varié en fonction des circonstances, nos ressources financières jouant dans ce domaine un rôle évident. Actuellement, nous publions un Bulletin mensuel de la société linnéenne de Lyon en deux parties : des pages administratives qui donnent le programme des activités des sections (ordres du jour, excursions) et une substantielle partie scientifique correspondant aux travaux présentés lors des réunions antérieures et dont la publication a été acceptée par le comité de lecture. Des bulletins hors série font la synthèse d’un thème, à peu près chaque année. en deux parties : des pages administratives qui donnent le programme des activités des sections (ordres du jour, excursions) et une substantielle partie scientifique correspondant aux travaux présentés lors des réunions antérieures et dont la publication a été acceptée par le comité de lecture. Des bulletins hors série font la synthèse d’un thème, à peu près chaque année.

La Société linnéenne a contribué dans le passé, par son patronage moral et son appui financier, à la publication d’ouvrages importants : la flore lyonnaise de BALBIS ou la magnifique Histoire Naturelle des Oiseaux-mouches en quatre volumes de MULSANT et VERREAUX, encore appréciée par les spécialistes et recherchée par les bibliophiles. Plus récemment, ce sont d’importants volumes consacrés à des travaux de botanique, mycologie et d’entomologie principalement (voir liste des publications).


Supports de présentation

Conférence 2012 : la Société linnéenne de Lyon

Com_presentation_linneenne.pdfPDF, 6347 Ko

Plaquette 2022

Com_Plaquette SLL 2022PDF, 2778 Ko