Article du Bulletin
Aspect économique du déplacement d'un animal sauvage, le cas de la marmotte alpine en France. Economic aspect of translocation of a wild animal, the Alpine marmot case in France].
Bosio J-L. · 1994 · Rapport DEA Economie de l'Environnement, Université de Bourgogne.
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Résumé
L'étude de différentes valeurs qui peuvent etre attribuées à la présence de marmottes sur un territoire a permis de dégager les points suivants : - sur les territoires où la marmotte, du fait de sa protection, est genante pour les agriculteurs, les efforts effectués par les organismes chargés de la protection de la nature, pour en réguler la population, sont relativement faibles par rapport aux efforts exigés des agriculteurs afin qu'ils tolèrent l'animal. Si globalement la commune semble avoir intèret à tolérer une population relativement importante de marmottes sur son territoire, il semblerait que l'essentiel des coûts liés à cette présence soient supportés par les agriculteurs, qui n'en tirent de bénéfices que s'ils développent une activité liée au tourisme. Une autre approche de la valeur qui peut etre accordée à la présence de marmottes sur un territoire a été faite à partir des sites où la marmotte a été réintroduite. Les valeurs qu'accordent l'ensemble des personnes concernées par la présence de marmottes sur un site (randonneurs, commerçants locaux, chasseurs, habitants de la commune...) ont été comparés aux efforts de réintroduction consentis. - Il apparaît deux situations bien diffrentes. D'une part, des opérations effectuées par des associations de chasseurs, qui représenteraient les trois quarts des cas de réintroductions de marmottes. L'effort financier (opérations de lâchers d'animaux puis de suivi de la population) y est en général limité, en raison semble-t-il de la faible valeur cynégétique de l'animal. Il a été estimé à environ 800 francs par an et par site. Aucune aide des pouvoirs publics à l'adresse des associations de chasseurs n'a été recensée, à part une aide logistique des fédérations départementales de chasseurs, bien que la présence de marmottes soit loin de profiter aux seuls chasseurs. Il semblerait meme que l'essentiel de la valeur accordée à la présence de marmottes sur un site soit plutôt le fait des randonneurs, alors que les efforts sont supportés par les seuls chasseurs. - D'autre part, des opération de réintroduction effectuées par des Associations de Protection de la Nature, en général aidées par des subventions de collectivités décentralisèes (Conseil Général, Conseil Régional, Commune plus rarement) qui atteignent des budgets en moyenne dix fois supérieurs aux budgets consentis par les associations de chasseurs. De tels efforts ne semblent pas inconsidérés compte tenu du fort intéret pour la présence de marmotte qui a été estimé à un équivalent monétaire annuel de plus de 40 fois l'effort financier annuel correspondant aux opérations de réimplantation et de protection de l'animal.
