Article du Bulletin
Les rongeurs du pléistocène moyen et supérieur de France (Systématique - biostratigraphie - paléoclimatologie). [Rodents of middle and upper Pleistocene in France (Systematics - Biostratography - paleoclimatology)].
Chaline J. · 1972 · Cahiers de paléontologie, Paris, éditions du C.N.R.S., pp.410.
Votre navigateur n’affiche pas l’aperçu PDF. Ouvrir le PDF →
Résumé
La Marmotte décrite en 1839 par Kaup sous le nom de Marmota primigenia présente un mélange de caractères de Marmota bobac et de Marmota marmota avec une nette prédominance des caractères de la Marmotte alpine. Elle est également d’une taille légèrement supérieure à celle de Marmota marmota actuelle. Ces différences sont trop faibles pour avoir valeur spécifique. La Marmotte d’Eppelsheim appartient au groupe Marmota marmota. Elle en représente la forme fossile du Pléistocène supérieur. Les caractères observés justifient sa distinction comme sous-espèce de la Marmotte alpine actuelle sous la désignation de Marmota marmota primigenia Kaup,1839. Les Marmottes du Lazaret, par leur morphologie dentaire, présentent des rapprochements avec les Bobacs, par d’autres caractères elles ont des affinités avec les Marmottes alpines. Cette mosaïque de caractères bobaciens et alpins se retrouve chez Marmota marmota primigenia. Il semble que la Marmotte du Lazaret puisse etre rattachée au groupe alpin avec cette tendance très particulière à la prolifération de mésostyle entre le paracone et le métacone des P4, M1 et M2. Ces différences sont tout au plus d’ordre infraspécifique. Il faut attendre d’avoir un matériel plus abondant pour préciser son statut spécifique. La Marmotte de Nestier diffère légèrement de celle du Pléistocène supérieur, mais le matériel très réduit ne permet pas d’évaluer sa variabilité et de lui attribuer un statut spécifique. Comme celle du Lazaret, elle montre une tendance à la prolifération d’un mésostyle entre paracone et métacone. Les Marmottes de Sainte-Marie-sur-Ouche diffèrent des actuelles (M. des Alpes et Bobac) par une taille plus forte et de nombreux détails de structure. Elles présentent un mélange de caractères appartenant aux deux espèces actuelles M. marmota et M. bobac avec cependant une très forte majorité de caractères de Marmota marmota. Pour montrer ce rapprochement indiscutable et faire apparaître les différences, je pense que l’on peut adopter les points de vue de Boule (1919), de I. Gromov (1965) en les nommant Marmota marmota primigenia. Kaup en 1899 avait décrit sous le nom d’Arctomys primigenia des restes fossiles du Pléistocène supérieur d’Eppelsheim. La révision de cette population permet de la considérer comme sous-espèce distincte de Marmota marmota. Les Marmottes découvertes au Lazaret à Nestier et à Achenheim confirment leur présence en France au cours de la phase rissienne. Ces Marmottes diffèrent de Marmota marmota primigenia mais se rapportent au groupe de la Marmotte alpine. Au Würm Marmota marmota primigenia abonde dans les gisements notamment dans ceux du Würm ancien. Avec le réchauffement post-Würmien les Marmottes ont trouvé un refuge dans le domaine alpin.
