Article du Bulletin
Long- and short distance dispersal in subordinate alpine marmots (Marmota marmota). Dispersion à courte et longue distance chez les marmottes alpines subordonnées (Marmota marmota). Близкая и дальняя диыперсия подчиненных алььпийских сурков (Marmota marmota).
Frey-Roos F. · 2003 · In Adaptive strategies and diversity in marmots. Stratégies adaptatives et diversité chez les marmottes, Ramousse R., Allainé D. & Le Berre M, Eds International Marmot Network, Lyon, 45-46.
Résumé
Pour se reproduire, les juvéniles de la plupart des espèces animales se dispersent à partir de leur lieu de naissance. Généralement, on croit que la dispersion entraîne des coûts élevés ou mëme plus qu'elle est très risquée. De ce fait, la dispersion natale a des conséquences profondes sur la valeur sélective d'un individu. Les espèces ont typiquement un canevas caractéristique de dispersion, souvent biaisé par le sexe en termes de probabilité ou de distance. Chez les marmottes alpines (Marmota marmota), les jeunes animaux ont un rang subordonné aux dominants, les animaux territoriaux. Dans chaque groupe, le mâle et la femelle territoriaux défendent le domaine vital du groupe contre les intrus adultes de mëme sexe. Chez les femelles, la reproduction est l'apanage des animaux territoriaux. Au contraire, les mâles subordonnés ne sont pas totalement exclus de la reproduction. Les marmottes peuvent devenir territoriales (i) en évinçant le propriétaire d'un territoire, ou (II) en envahissant une position territoriale vacante, soit dans son propre groupe, soit après dispersion dans d'autres territoires. Les canevas de dispersion des marmottes subordonnées matures ont été étudiés dans le Parc National de Berchtesgaden, en Allemagne, de 1982 à 1996, à l'aide d'observations comportementales, de piégeage et de la télémétrie. Seuls les dispersants longue-distance (>500 m, n=22, mortalité : 31,8 %), contrairement aux dispersants courtedistance (<500 m, n=20, 5,0 %), ont un risque de mortalité plus élevé au cours de l'été que celui des animaux restant au sein de leur groupe comme subordonnés. Dans cette population à la sex-ratio biaisée (sex-ratio des mâles au sevrage 1,5:1, n=464, p<0,005), les femelles deviennent territoriales plus près de leur domaine natal que les mâles. Pour les deux sexes, la distance de réinstallation n'affecte pas (i) la mortalité hivernale après la dispersion, (ii) la durée dans une position territoriale, ou (iii) le succès reproducteur. Ce canevas de dispersion biaisée par le sexe peut ëtre le résultat d'une compétition plus forte entre les mâles pour les territoires et le risque de mortalité élevé lors de la dispersion à longue distance.
