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Article du Bulletin

Étude de l'impact de la forme fouisseuse du campagnol terrestre, Arvicola terrestris scherman (Shaw), sur la végétation d'une prairie [Impact of the ground digging of the ground vole, Arvicola terrestris scherman (Shaw), on the vegetation of meadow].

Kopp R. · 1993 · Thèse de doctorat, Faculté des Sciences de l'Université de Lausanne, 1-120.

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Résumé

Les préférences alimentaires de la forme fouisseuse du campagnol terrestre ont été étudiées au moyen d'essais en enclos extérieurs et de tests de type cafétéria en cage. Dans les deux cas, le campagnol terrestre s'est montré sélectif dans sa façon de s'alimenter. Il préfère les trèfles, Trifolium pratense et T. repens, la dent-de-lion, Taraxacum officinale, et la luzerne, Medicago sativa, tandis qu'il dédaigne les graminées et les ombeliffères proposées. Les analyses chimiques effectuées sur les plantes proposées en cage ont révélé que les choix des campagnols terrestres sont davantage influencés par la présence de facteurs négatifs tels que les métabolites secondaires que par le contenu en éléments nutritifs. Des essais en enclos mettant en jeu différents mélanges de graminés-légumineuses ont été réalisés. Non seulement les campagnols ont préféré les mélanges riches en légumineuses mais ils ont provoqué une nette diminution de la proportion de celles-ci dans tous les mélanges. Par ailleurs, la végétation d'une prairie de fauche du Jura vaudois a été suivie de 1985 à 1991, ce qui correspond à un cycle d'abondance des campagnols terrestres. Des relevés de végétation ont été effectués chaque année dans 23 placettes selon la méthode de l'analyse linéaire. L'évaluation des populations de campagnols repose quant à elle sur le recensement, trois fois par an, des signes d'activité dans ces mêmes placettes. L'évolution de la végétation au cours de ce cycle d'abondance des campagnols terrestres se caractérise par un net recul du trèfle blanc, Trifolium repens, et de la dent-de-lion, Taraxacum officinale, lors de la période de forte densité. Seules quelques rares graminées de haute valeur fourragère ont subi une évolution analogue. Par contre, on a pu assister à la même période, à une forte progression de graminées pionnères, telle que le pâturin commun, Poa trivialis, qui ont colonisé les taupinières et les surfaces dépourvues de végétation suite au passage des campagnols. En période de forte densité de campagnols terrestres, le rendement a diminué de 30% dans des parcelles fortement dévastées durant l'hiver. L'activité hivernale de ces rongeurs a un effet prépondérant sur la végétation. Par contre, ceux-ci n'ont qu'un faible impact sur le rendement en période de pleine croissance végétale. Deux ans après la pullulation, la prairie étudiée a retrouvé une composition botanique proche de la situation initiale. Enfin, la quasi disparition des légumineuses lors de la pullulation est discutée en relation avec le phénomène des cycles d'abondance des campagnols. Ce rôle est à rechercher avant tout dans la qualité de la nourriture disponible.