Article du Bulletin
Relation entre activités pastorales, faune-gibier et milieux [Relationship between pastoral activity, game-fauna and environments].
Marchandeau F. · 1991 · Rapport ONC/Cerpam.
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Résumé
A l'issue de cette étude bibliographique, pastoralisme et chasse (en terme de disponibilité en gibier) n'apparaissent pas comme incompatible. Chaque situation constitue cependant un cas particulier difficilement généraliable. Selon les espèces sauvages et les milieux considérés, la "cohabitation" avec des troupeaux domestiques pourra avoir des conséquences variables, allant de néfastes àbénéfiques. On retiendra que pour les ongulés sauvages très rares sont les cas où l'on a pu déceler les preuves d'une compétition interspécifique. L'association pouvant même dans certaines conditions tourner au bénéfice de l'espèce sauvage. Pour les autres espèces, les résultats sont plus diffus, sauf pour les tétraonidés, qui de par leur dépendance vis-à-vis du couvert végétal apparaissent comme sensibles àcertains modes de conduite pastorale. On regrettera l'absence de références bibliographiques concernant les conséquences pratiques des débroussaillements et de manière plus générale de l'ouverture des milieux sur les populations-gibiers. Une étude est en cours dans les Pyrénées Orientales pour évaluler l'impact des feux condrôlés d'hiver, destinés àlimiter l'embroussaillement de l'espace pastoral subalpin, sur les populations de perdrix grise de montagne. Alors que la perdrix rouge, le lapin ou le lièvre, sont de moins en moins fréquents, dans les massifs forestiers méditerranéens, il pourrait étre également intéressant d'évaluer l'impact des coupures pastorales sur les populations de ces espèces. Plusieurs types de questions se posent : les coupures pastorales, telles qu'elles sont pratiquées actuellement, sont-elles de nature àpouvoir favoriser la recolonisation de ces milieux par le petit gibier, quel type d'ouverture (en terme de structure de végétation) est le plus favorable, etc... De même, les chasseurs se posent de nombreuses questions sur l'impact des clôtures sur le comportement et les déplacements des sangliers, les pastoralistes souhaiteraient avoir des informations complémentaires leur permettant de décider de la taille, de l'emplacement ou de la forme des parcs àinstaller. Autant de thèmes d'étude qui pourraient apporter des réponses aux uns et aux autres et faciliter la gestion d'un espace de multi-usage. L'activité pastorale pourrait alors se concevoir comme un moyen de gestion àplus ou moins long terme du milieu et, dans la mesure où l'on dispose des éléments de décision, il serait possible d'intervenir sur la conduite du pâturage dans le respect des milieux ou des espèces.
