Article du Bulletin
Le marquage jugal chez la marmotte alpine : modalités, fonctions et analyse chimique [Jugal marking in Alpine marmot: modalities, functions and chemical analysis].
Bel M.C. · 1994 · DEA "Adaptation et survie en environnement naturel extrême", UCB-Lyon I et Aix-Marseille II.
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Résumé
Le marquage chimique chez les mammifères a suscité de nombreux travaux qui ont attribué diverses fonctions à ce comportement. Cependant, la plupart de ces fonctions n’a pu être testée directement. C’est pourquoi Gosling (1982) a proposé de nouvelles hypothèses, sujettes à expérimentations, concernant la fonction de marquage chimique chez les espèces territoriales. Nous avons tenté de répondre à deux d’entre elles, en étudiant la marmotte alpine (Marmota marmota) : le résident devrait marquer son territoire en priorité aux endroits où les risques d’intrusion sont les plus grands le résident devrait remplacer par ses propres marques toutes les marques qui ne sont pas les siennes sur son territoire. Des observations sur le terrain d’individus adultes appartenant à trois groupes territoriaux et effectuant des circuits de marquage ont validé la première hypothèse. Il est en effet apparu une tendance nette des individus à marquer le système de terriers principaux ainsi que les frontières de leurs territoires. Cependant, ces observations ont permis de soulever une autre hypothèse : le mâle et la femelle auraient ils des répartitions spatiales de marquage différentes, le mâle effectuant ses circuits plus en périphérie du territoire que la femelle? Nous avons ensuite pratiqué des expérimentations de terrain in natura, dont le principe repose sur la présentation simultanée de deux supports, l’un portant la marque d’un intrus et l’autre vierge. Les résultats ont fait apparaître que l’intensité de marquage est supérieure envers le support simulant l’intrusion : la seconde hypothèse est donc validée. Ces résultats confortent l’importance de la fonction de gestion du territoire remplie par le marquage chimique. En outre, le dépôt chimique laissé sur le territoire par la marmotte contient plus d’une centaine de molécules différentes : notre troisième objectif a donc été de fractionner ce dépôt chimique afin d’isoler les composés intervenant dans la détection des intrus. Nous avons extrait les composés du dépôt à l’aide de trois solvants : le dichlorométhane, l’éthanol et le pentane et nous en avons testé l’efficacité sur le terrain. Il est apparu que les extraits partiels à l’éthanol incitent les individus à marquer, en revanche les mêmes individus éviteraient les extraits au pentane, le dichlorométhane présente une position intermédiaire. Enfin, une procédure d’identification chimique et d’analyse du dépôt (chromatographie en phase gazeuse, spectromètre de masse) a été mise en oeuvre, en relation avec les expérimentations sur le terrain. Néanmoins, ces analyses en sont encore au stade préliminaire.
