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Article du Bulletin

Le marquage jugal chez la marmotte alpine (Marmota marmota, Linné 1758) : Aspects éco-éthoogiques et étude du système de communication chimique. [Scent-marking behaviour by cheek-rubbing in the Alpine marmot (Marmota marmota): eco-ethological aspects and analysis of the chemical communication system].

Bel M.C. · 1998 · Doctorat, Université claude Bernard, Lyon 1, 213 p.

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Résumé

La marmotte alpine est un rongeur inféodé aux milieux ouverts d’altitude, elle marque son domaine vital par frottement jugal sur divers supports (déblai de terriers, pierres ou rochers proéminents ...). Chez cet hibernant vrai, l’activité de marquage est maximale, au moment de la reproduction puis régresse de manière significative durant la période d’activité, d’avril à septembre. La contribution des divers membres du groupe familial apparaît très inégale : le marquage est essentiellement effectué par le couple adulte dominant (mâle et femelle > and =3 ans) à travers la réalisation de circuits de marquage : le marquage est ainsi l’expression d’un rang social élevé. Par ailleurs, au sein du domaine vital, les terriers principaux sont très abondamment marqués, ils sont aussi très fréquentés par tous les membres du groupe. Le faible marquage des subordonnés pourrait résulter d’un compromis entre la nécessité d’être toléré dans le groupe, et celle de renforcer une familiarité olfactive entre tous les membres du groupe. Le marquage jugal semble donc contribuer à l’organisation sociale observée dans chaque territoire. Le marquage jugal se révèle également un outil essentiel pour la défense du territoire. En effet, les marques sont déposées en bordure de territoire souvent plus abondamment qu’au centre, et sont le fait d’au moins un adulte par couple. Le faible recouvrement des marques des deux partenaires pourrait leur permettre de maximiser l’espace marqué et d’augmenter la probabilité pour les intrus de les rencontrer rapidement. De plus, nous avons démontré la tendance des adultes résidents à remplacer, en les surmarquant préférentiellement, toutes les marques étrangères au groupe et situées sur leur territoire. Dans un deuxième temps, nous avons utilisé une double approche, comportementale et chimique, afin de caractériser le signal contenu dans les marques jugales. Des tests olfactifs de la substance de marquage brute ont révélé que les marmottes résidentes flairaient plus longtemps et marquaient plus abondamment un support recouvert de marques étrangères qu’un support neutre. Ce test biologique nous a alors permis de préciser le rôle essentiel de la glande temporale dans la production de la substance de marquage. La sécrétion glandulaire a été ensuite fractionnée, et des tests biologiques ont été menés, pour tenter d’isoler les composés impliqués dans la formation du signal. Les résultats obtenus par chromatographie gazeuse (GC) et spectrométrie de masse (MS) indiquent l’existence d’un mélange chimique très complexe de par le grand nombre de ses composés chimiques et la diversité des familles moléculaires rencontrées. La réunion de deux fractions chimiques, plutôt volatiles et de polarité élevée, est apparue nécessaire à l’activité biologique. Il apparaît une forte variabilité interindividuelle, qualitative et quantitative, compatible avec l’hypothèse d’une odeur individuelle transmise par les marques jugales. Le marquage du domaine vital semble une activité coûteuse pour les adultes, comme révélé par l’ajustement du niveau de marquage aux fluctuations saisonnières et locales. Cependant, nous suggérons qu’il reste économique par rapport à l’énergie qui serait nécessaire à la maintenance du système territorial en son absence. Nous supposons que la stabilité de l’organisation socio-spatiale résultante favorise les conditions indispensables à la survie de tous les membres (notamment hivernale) et permet au couple dominant d’avoir un accès privilégié à la reproduction et de maximiser ainsi leur succès reproducteur. The Alpine marmot scent-marks its home range by cheek rubbing on various substrates. Overall marking activity decreases significanlty throughout the active season, from April to October, it peaks during reproduction. Members of social groups do not contribute equally to th