Article du Bulletin
Recherches chimiques sur la respiration des animaux [Chemical studies on the perspiration in animals].
Regnault & Reiset · 1849 · Ann. de chim. et de phys., 3ème série, 26 : 429.
Résumé
Regnault et Reiset disent que les expériences qu'ils ont faites sur la respiration des Marmottes donnent l'explication très simple du fait observé par Sacc, à savoir que souvent les Marmottes en torpeur augmentent sensiblement de poid, bien qu'elles ne prennent aucune nourriture. En effet, sur une Marmotte engourdie et froide, on a trouvé que le poids de l'oxygène consommé était de 13 gr 088, tandis que le poids de l'acide carbonique exhalé ne s'élevait qu'à 7gr174. Or, l'animal n'avait rendu ni excréments, ni urines ; si donc, il n'avait pas, d'un autre côté, perdu de l'eau par la transpiration, son poids se serait augmenté de 5 gr 914 par la respiration seule, pendant les cinq jours qu'il est resté dans l'appareil. Il a certainement perdu une parttie de cette eau par la transpiration, mais cette perte a pu être beaucoup moindre que 5gr9, parce que la température de l'animal était basse et supérieure seulement de 4 degrés à celle du milieu ambiant.Voici maintenant les conclusions de ces auteurs relatives aux mammifères hivernants : la respiration des Marmottes, complètement éveillées et se nourrissant bien, ne présente rien de particulier ; elle est semblable à celle des autres Mammifères qui prennent la même nourriture, mais celle des Marmottes, complétement assoupies, est très différente : souvent il y a absorption d'azote et le rapport de la quantité d'oxygène contenu dans l'acide carbonique à celle de l'oxygène consommé est beaucoup plus faible, car il ne s'élève quelquefois qu'à 0,4. D'une part, le poids de l'oxygène qui entre dans des combinaisons non gazeuse étant plus grand que celui de l'acide carbonique dégagé et d'un autre côté, l'animal perdant peu d'eau par la transpiration, parce que sa température n'est pas très supérieure à celle du milieu ambiant, il en résulte que la Marmotte augmente sensiblement de poids par sa seule respiration. Cette phrase est soulignée dans le texte même. Mais cette augmentation n'est pas indéfinie parce que, de temps en temps, l'animal rend des urines. La consommation d'oxygène par les Marmottes engourdies est très faible ; elle ne s'élève souvent qu'à 1/30 de celle qu'exigent les Marmottes éveillées, et il est possible que cette consom-mation soit bien plus petite lorsque ces animaux sont exposés à une température beaucoup plus basse que celle qu'ils ont eue dans leurs expériences. Au moment où les Marmottes sortent de leur léthargie, la respiration devient extrêmement active et, pendant la période de réveil, elles consomment beaucoup plus d'oxygène que lorsqu'elles sont complètement éveillées ; leur température s'élève rapide-ment et leurs membres sortent successivement de leur engourdissement. Les Marmottes engourdies peuvent séjour-ner longtemps, sans en éprouver d'effets fâcheux, dans un air pauvre en oxygène, qui asphyxie une Marmotte éveillée en quelques instants. Ces animaux ne paraissent pas pouvoir passer, par leur seule volonté, de l'état de réveil à l'état de torpeur. Ces auteurs expriment le regret de n'avoir pas pu faire des expériences autrement que vers la fin de l'hiver et à des températures qui n'étaient pas assez basses. Appendice, Dubois, 1896.
