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Article du Bulletin

Scent deposition by cheek rubbing in the alpine marmot (Marmota marmota) in the French Alps [Dépôt odorant par frottement jugal chez la marmotte alpine].

Bel M.C., Porteret C. & Coulon J. · 1995 · Can. J. Zool., 73: 2065-2071.

Résumé

The aim of this fieldwork was to provide information about the function of scent-marking behaviour in the alpine marmot (Marmota marmota). Twenty-three identified animals were observed on their home range during the season of activity, from May to September, during which the probability and rate of cheek rubbing decreased significantly. Cheek rubbing was performed more by resident adults than by 2-year-olds or yearlings. The resident adult pairs made "marking tours" during which numerous successive bouts of scent marking occurred throughout most of the home range. Scent marks were not evenly distributed within home ranges. Principal and, if present, accessory burrow systems were saturated with scent deposits, the boundaries being marked significantly more than the central area. We tested the reactions of marmots to strange odours by presenting them with two glass tubes, one clean (control) and the other covered with marks deposited by marmots belonging to other groups. The results showed that residents tended to mark the experimental tubes more frequently, or at least more intensively, than the control ones. In the alpine marmot, cheek rubbing appears to be a multipurpose activity. It is used to advertise the occupancy of burrows and, as predicted by Gosling, scent marks were also laid down where the risk of intrusion was greatest, i.e., at the boundaries, so that intruders could detect them more readily. The results of field tests support another of Gosling’s predictions, that residents will tend to overmark any mark deposited by a strange animal inside their territory. Thus, in the alpine marmot, cheek rubbing can play a role in territorial defence. Ce travail a pour but d'apporter des informations sur l'interprétation fonctionnelle du comportement de marquage jugal chez la Marmotte alpine, Marmota marmota. Nous avons observé par suivi individuel vingt-trois animaux identifiés dans leur domaine vital. Nous avons pu mettre en évidence une forte diminution du taux et de la probabilité de marquage au cours de la saison d'activité, de mai à septembre. De plus, le marquage s'est avéré plus fréquent chez les adultes résidants que chez les marmottes de 2 ans ou de 1 an. En outre, nous avons montré que les couples adultes effectuent des « circuits de marquage » au cours desquels de nombreux épisodes de marquage se succèdent sur une grande partie du domaine vital. Les marques chimiques sont inégalement réparties au sein du domaine vital : les systèmes de terriers principaux et secondaires, s'il y en a, sont saturés d'odeurs et les zones frontalières sont plus abondamment marquées que les zones centrales. Enfin nous avons effectué des tests consistant à présenter aux marmottes résidantes un tube à essai témoin propre et un tube préalablement marqué par des animaux étrangers. Les résultats montrent une tendance des animaux résidants à marquer plus fréquemment, ou du moins plus abondamment, le substrat de l'odeur étrangère que le substrat témoin. Ces résultats confirment la pluralité fonctionnelle du marquage jugal chez la Marmotte alpine, en particulier son importance dans la défense du territoire. Ainsi, le marquage est certainement utilisé dans la signalisation de l'occupation des terriers principaux. D'autre part, conformément à deux prédictions majeures émises par Gosling, les marques sont déposées là où les risques d'intrusion sont les plus grands, c'est-à-dire aux frontières des territoires, de façon à maximiser les chances de détection par les intrus. Par ailleurs, les tests sur le terrain valident la prédiction selon laquelle un individu résidant a tendance à annuler ou à remplacer par sa propre odeur toute marque déposée sur son territoire par des animaux inconnus.