Article du Bulletin
Oeuvres. [Works].
Bernard Claude · 1855 · ????
Résumé
Claude Bernard a publié à diverses époques des remarques et des expériences sur les Marmottes et sur le phénomène de l’hibernation. Pour l’illustre physiologiste, les animaux à jeun et ceux qui hivernent incomplétement ne ressemblent pas à la Marmotte engourdie. Il trouve des analogies entre l’hivernation et le choléra parce que le sang est artérialisé dans les veines de la Marmotte en torpeur, les globules rouges sont engourdis, leur fonction amoindrie au point que ces animaux peuvent s’en passer pendant un certain temps, tandis que dans les conditions ordinaires les fonctions vitales des globules sont si exaltées que leur soustraction détermine immédiatement la mort de l’animal. La température rectale peut s’abaisser jusqu’à # 3 degrés. Chez la Grenouille, c’est l’abaissement graduel qui cause l’engourdissement et l’élévation lente et successive qui produit le réveil. Pour la Marmotte, le Loir, le Herisson et les Hivernants à sang chaud, en général, le froid agit primitivement sur le système nerveux périphérique, secondairement sur les mouvements respiratoires qui sont ralentis c’est aussi par le système nerveux que l’animal se réveille. Si on excite la Grenouille engourdie, il ne se produit rien, tandis que si on excite une Marmotte, en un quart d’heure elle retrouve sa température de la veille. La respiration de l’hivernation se ralentit en même temps que le sucre disparaît, mais le glycogène s’accumule dans le foie : celui-ci contient aussi du ferment, mais ils ne réagissent pas l’un sur l’autre. Si on sacrifie un Loir en plein sommeil, on trouve encore une certaine quantité de glycogène dans le foie, mais au bout de quatre heures de réveil, il n’y en a plus. Chez la Grenouille, dès que le réveil se produit, le sucre apparaît. Que se passe-t-il? Chez l’hivernant, le glycogène existe, le ferment aussi, mais ce dernier est latent, il n’est pas en contact convenable pour agir. La température a aussi une influence sur le phénomène. Le système nerveux intervient également pour empêcher cette destruction du glycogène et du sucre. Si on coupe la moelle avec respiration artificielle, le sucre disparaît dans le sang et le foie, mais le glycogène se trouve en quantité dans le foie. Lorsqu’on a refroidi un lapin par section de la moelle, il n’y a pas de sucre dans le foie : mais à un moment donné, on constate que le sucre reparaît : un morceau de foie extrait quand il n’y avait pas de sucre et exposé à la température de 15 degrés, celle de l’animal étant de 28 degrés, fait cependant du sucre. Ce n’est donc pas le froid qui a paralysé le ferment, mais la section de la moelle. Les animaux à température fixe sont pourvus d’un régulateur du milieu intérieur qui est le systéme nerveux : il serait différent chez les hivernants. Les phénomènes de la nutrition sont complexes, il y en a qui absorbent de la chaleur, d’autres qui en dégagent. Si on réveille un hivernant, la quantité d’oxygène absorbée n’est pas, pense Claude Bernard, en proportion de son rapide échauffement : cela tiendrait à ce que l’oxygène est emmagasiné dans les tissus et le sang pendant le sommeil. A propos de la couleur rouge sang des hivernants, Claude Bernard dit qu’il en est ainsi toutes les fois que le système nerveux est affaibli et qu’il y a, par conséquent, une absorption moindre d’oxygène. La chaleur est un excitant pour le système musculaire de la vie organique et du coeur en particulier : c’est là un fait frapant chez l’hivernant. Claude Bernard a émis l’opinion que la matière blanche contenue dans l’estomac de la Marmotte en torpeur est absorbée par la veine porte et transformée en sucre, mais il n’a fait aucune recherche à ce sujet. A propos d’une expérience, dans laquelle Valentin avait trouvé de la matière sucré
