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Article du Bulletin

Faune sauvage demandée et agriculture : le cas de la marmotte [Wildlife claimed and farming: the marmot case].

Thiébaut L. · 1994 · Colloque Les systèmes ruraux en questions : perspectives et recherche, Le Vivier, octobre 1994.

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Résumé

La "faune sauvage" fait l'objet de demandes individuelles, d'utilisations collectives et de sollicitudes tutélaires. Sa disponibilité résulte de la "production" par la nature et d'actions humaines sur les populations et d'aménagements de leur milieu. Certaines occupations agricoles peuvent involontairement favoriser certaines espèces ou en pâtir. Espèce sous contrôle, la Marmotte des Alpes est objet de demandes de types touristiques (vision), patrimoniales (existence locale) et cynégétiques (prélève-ment) dans son aire et lors de (re)introductions. Ces demandes se situent ordinalement par rapport à d'autres espèces comme le chamois. Elles sont étudiées aussi par l'estimation de consentement à payer l'accès à différents usages de la marmotte : vision à l'état libre, captif ou naturalisé, en randonnée, à partir de l'hébergement, chasse,... Cette possibilité pour certains de bénéficier de la marmotte est liée à des coûts supportés par d'autres agents : institutions de protection, organismes introducteurs et agriculteurs. Se dessine ainsi une fonction récréative indirecte de l'agriculture. Quant aux opérations d'introduction de marmotte, elles traduisent une demande effective et occasionnent des coûts directs. Les représentations de la nature "sauvage" (désirée par les non-agriculteurs, subie par les agriculteurs), constituent le contexte qu'il faut préciser pour que l'énoncé des valeurs et des coûts de la faune sauvage ait un sens.